Catégorie : Les avis de Cassandre

Lore Olympus tome 6 de Rachel Smythe

Résumé

Cache-cache mortel aux Enfers…

Zeus est en chasse et sa proie n’est autre que Perséphone… Heureusement Hadès a une longueur d’avance sur lui et la retrouve avant !

Ce temps passé seul à seul, cachés des autres les rapproche. Perséphone lui raconte enfin la vérité sur ce qui s’est passé au Royaume des mortels et Hadès lui en apprend davantage sur son passé avec Chronos.

Mais même Hadès ne peut arrêter la course folle de Zeus, appuyé par Appolon, Menthé et Thétis en sous-marin. Héra, elle, choisit son camp suite à la confirmation de Perséphone sur son intuition et décide à son tour de faire sa chasse au dieu, Apollon étant sa cible.

Mari et femme se font face, et la guerre ne fait que commencer. Car le secret que cache Perséphone sur Apollon est sur le point d’être lui aussi, bientôt révélé aux yeux de tous…

L’avis de Cassandre

Je n’arrive pas à croire qu’on arrive déjà au sixième opus des aventures d’Hadès et Perséphone ! Une chose est sûre, j’attends toujours avec impatience la suite de leurs aventures et une fois de plus, je me suis régalée !

Je le dis (et je le redis), l’objet-livre est une pépite, couverture épaisse, reliure, quel plaisir de le regarder et le prendre en mains ! Les coloris et l’univers particulier de Rachel Smythe sont divins. Elle a véritablement créé une série avec une identité unique.

Il me tardait de retrouver Perséphone et Hadès. Et j’ai été servie par ce rapprochement (enfin) entre nos deux personnages préférés. On avance grandement dans leur histoire commune. Côté personnages secondaires, on se régale toujours autant et l’action est au rendez-vous.

J’ai tellement été happée par cette lecture et ces dessins que je l’ai lue d’une traite, je n’ai pas vu le temps passer et je n’ai qu’une hâte : découvrir la suite. 

Lore Olympus tome 6 de Rachel Smythe, paru en mai 2024 aux éditions Hugo Publishing, 24,95€

Jeunes filles à la volière d’Eve Chase

Résumé

Lauren, Kat et Flora sont trois demi-sœurs qui partagent un père, artiste célèbre, et un terrible secret. Au fil des ans, elles se sont éloignées et mènent des vies désormais très différentes que chacune semble avoir réussie. Mais voilà que leur père doit leur faire une « annonce » et les invite en Cornouailles, à Rock Point, sa maison sur la falaise qui abritait les étés de leur enfance. C’est là que leur père a peint son tableau le plus célèbre, le portrait de ses trois filles, Jeunes filles à la volière, le fameux été de l’éclipse solaire. L’été où le pire est arrivé, où la meilleure amie de Lauren  a été retrouvée morte dans la volière. Vingt ans plus tard, au cœur de l’hiver, dans des paysages grandioses balayés par les vents, les souvenirs de cet été-là rodent. Quelqu’un dans l’ombre surveille chacun de leurs mouvements. Quelqu’un qui se souvient de ce qu’ont fait les filles du tableau. La vérité va devoir éclater, peu importe le prix à payer.
Un texte riche en rebondissements, en sombres secrets, qu’on ne lâche pas qui nous transporte dans les somptueux paysages de Cornouailles, entre lande et océan.
Le récit sans complaisance de la cruauté dont peuvent faire preuve les enfants mais aussi d’une famille qui essaie de se retrouver.

L’avis de Cassandre

Après Un manoir en Cornouailles et Les filles du manoir Foxcote que j’avais adorés, j’étais impatiente de lire ce nouveau roman d’Eve Chase.

Lauren, Flora et Kat sont demi-sœurs et partagent le même père. Lauren a été difficilement (voire peu) acceptée par ses sœurs, elle est arrivée « tardivement » dans la famille et est issue d’un milieu social plus défavorisé. Elles se voyaient donc l’été chez leur père, artiste, dans l’imposante demeure nommée Rock Point, en Cornouailles. Mais depuis le dramatique été 1999, quelque chose s’est brisé. Vingt ans après, les sœurs, devenues adultes, sont réunies par leur père qui a quelque chose à leur annoncer. Mais très rapidement, l’atmosphère se fait pesante…

J’adore les histoires mettant en scène des femmes et encore plus quand on y mêle secrets de famille et grandes demeures. C’est d’ailleurs ce que j’ai tant apprécié dans ses autres romans. Malheureusement, j’ai été moins conquise, cette fois. J’ai peiné à entrer dans l’histoire, j’ai trouvé la première moitié relativement longue et je n’ai pas su m’attacher aux héroïnes. J’ai toutefois trouvé cette histoire addictive et j’avais envie de connaître les sombres secrets de Rock Point. En terminant ce roman, j’ai ressenti une pointe de déception pour ces fameux secrets qui ne sont finalement pas très surprenants. J’aurais aimé plus d’intensité dans cette lecture.

Pour conclure, une lecture qui reste agréable mais qui ne me laissera pas un souvenir impérissable.

Jeunes filles à la volière d’Eve Chase, paru en avril 2024 aux éditions Robert Laffont, 396 pages, 22€

Souviens-toi de nous toujours de Sylvie Allouche

Résumé

Une fête foraine, une grande roue et la vie qui défile…

Zoé a avalé une importante dose de médicaments et attend qu’ils fassent effet dans la cabine de la grande roue où elle a trouvé refuge. Lui reviennent alors tous les événements de sa vie qui l’ont conduite à cette tentative de suicide…

L’avis de Cassandre

Zoé est une adolescente de seize ans qui traine des casseroles derrière elle. La jeune fille a vécu des blessures et fêlures dont elle ne parvient pas à se sortir, tant sa peine est grande. Alors elle s’offre plusieurs tickets pour la grande roue de la fête foraine où elle compte mettre fin à ses jours.

Souviens-toi de nous toujours fait partie de la collection Court toujours. Il s’agit d’une histoire courte qui se lit en moins d’une heure. Vous pouvez également l’écouter, l’audiobook est inclus. J’ai personnellement choisi de la lire. J’ai été ébranlée par le récit de Zoé et par la détresse qui transparaît. Sylvie Allouche arrive en un court texte à nous faire ressentir des émotions fortes. Elle cerne parfaitement les problèmes actuels auxquels sont confrontés les adolescents.

Ce titre se lit d’une seule traite, en apnée. On redoute le moment où la grande roue aura terminé son tour complet et sur le devenir de Zoé. Un récit coup de poing que je recommande sans plus attendre !

Souviens-toi de nous toujours de Sylvie Allouche, paru en avril 2024 aux éditions Nathan, 64 pages, 8€

Les belles histoires de Max et Lapin d’Astrid Desbordes et Pauline Martin

Résumé

Des histoires pleines de fantaisie qui plaisent aux enfants et aux parents ! 

Un beau recueil de 5 histoires pour découvrir les aventures de Max et de son compagnon Lapin

  • Max a grandi
  • La grosse bêtise
  • La cabane de nuit
  • La sorcière Gros-Derrière
  • Les chats sont comme ça ! 

L’avis de Cassandre

Mon fils de trois ans ne connaissait pas encore Max et Lapin avant de découvrir ce recueil. Il s’agit d’un livre carré de petit format avec une couverture épaisse. Ce recueil contient cinq histoires du jeune héros et de son doudou. Nous avons aimé partir à leur rencontre à travers des histoires qui font écho à notre quotidien familial.

Les histoires se lisent rapidement, le texte est court et les phrases simples et percutantes. On se reconnaît aisément dans ces histoires enfantines : le fait de grandir, le rituel du coucher, les histoires qu’on lit et qu’on invente, les disputes parents-enfants, etc..

Les illustrations crayonnées sont douces, on aime les personnages attachants et l’univers rassurant dans lequel ils évoluent. Pour conclure, un joli recueil qui permet de découvrir Max et Lapin, nous avons très envie de lire ses autres aventures à présent !

Les belles histoires de Max et Lapin d’Astrid Desbordes et Pauline Martin, paru en mars 2024 aux éditions Nathan, 112 pages, 13,95€

La prochaine fois, peut-être… de Cesca Major

Résumé

Un lundi de décembre, Emma rentre épuisée dans sa maison londonienne. Entre son travail d’agent littéraire, ses enfants et ses activités multiples, elle passe ses journées à courir, et Dan, son mari, se sent de plus en plus délaissé. D’autant plus que ce lundi en question est le jour de l’anniversaire de leur rencontre. Une date importante pour Dan, mais Emma semble l’avoir oubliée…
Dan, homme d’ordinaire très calme, est à bout de nerfs et décide de sortir prendre l’air plutôt que de laisser exploser sa colère. Et ce soir-là, un drame va arriver. Rien ne sera plus jamais comme avant. Le lendemain matin, Emma se réveille, et c’est à nouveau lundi. Le jour suivant, encore ce même lundi…
Passée la stupéfaction, Emma va voir en cet étrange phénomène un moyen de changer son destin et celui de sa famille. Parviendra-t-elle enfin à devenir qui elle veut être vraiment, et à vivre en harmonie avec son mari la vie qu’ils s’étaient promise ?

L’avis de Cassandre

Après avoir lu de nombreuses chroniques positives, je ne pouvais faire qu’une chose : me ruer en librairie et me l’offrir !

Emma et Dan se sont rencontrés il y a quinze ans, dans le métro londonien. Après quelques rendez-vous, une véritable histoire d’amour est née. Nous retrouvons le couple désormais quadragénaire, marié et parents de deux enfants. Chaque année, le 6 décembre, ils célèbrent le jour de leur rencontre et s’écrivent mutuellement une lettre. C’est l’occasion de rappeler à l’autre qu’on l’aime et revenir sur l’année écoulée. Mais aujourd’hui, Emma, agent littéraire overbookée a clairement oublié cet anniversaire, le soir-même, un drame survient. Et le lendemain, Emma revit cette fameuse journée, encore et encore…

Si les romans (et films) sur les boucles temporelles sont assez répandus, Cesca Major parvient à nous surprendre avec cette histoire inoubliable. J’ai été conquise par nos deux personnages. Nous suivons exclusivement le point de vue d’Emma où les chapitres sont entrecoupés par les lettres que Dan lui a adressée, d’année en année. Cela permet de retracer l’histoire du couple, les premiers émois, l’attachement, la passion, la vie de famille, les discordes et puis, la routine qui s’installe. L’écrivaine retranscrit ce que chaque couple peut vivre. Elle dépeint notamment une héroïne submergée, qui s’oublie et qui oublie sa famille. Ce roman nous rappelle qu’on passe souvent à côté de l’essentiel et qu’on ne profite pas assez de l’instant présent, à juste titre.

Que dire de plus si ce n’est que j’ai dévoré ce roman en un après-midi et qu’il a su me faire verser quelques larmes ? Ce texte est poignant, bouleversant et a su me prendre aux tripes jusqu’aux toutes dernières lignes. Je vous le confie, c’est un coup de cœur !

La prochaine fois, peut-être… de Cesca Major, paru en février 2024 aux éditions Le Cherche-Midi, 456 pages, 22,50€

Tous nos lendemains de Lylyblabla

Résumé

Il arrive parfois que le destin nous mette face à la bonne personne. Encore faut-il y être prêt.

Chris et Chloé s’adorent autant qu’ils s’exaspèrent. Plus de trois minutes dans la même pièce et c’est l’apocalypse. Et pour cause ! Chloé n’a jamais pardonné à Christopher Dean Lewis de lui avoir brisé le cœur quand ils étaient plus jeunes. Mais si son amour-propre l’a toujours empêchée de lui donner une nouvelle chance, elle n’a jamais pu non plus se résoudre à couper définitivement les ponts.

Lorsque Chloé se retrouve à la rue et que Chris lui propose de l’héberger, les barrières salvatrices qui les tenaient éloignés l’un de l’autre tombent une à une. Chacun semble pourtant déterminé à tenir bon, par fierté ou pour des raisons plus obscures, sans se douter que le temps leur est compté. Mais à vouloir gagner à tout prix, ils risquent de perdre bien plus que ce qu’ils avaient misé…

L’avis de Cassandre

J’ai lu et adoré la duologie Le soleil de minuit, l’année passée. Tous nos lendemains est un spin-off qui met en scène Chloé et Chris que nous connaissions déjà en tant que personnages secondaires. Ce nouveau titre peut bien entendu se lire indépendamment.

Chloé et Chris ont vingt-trois ans. Lui est étudiant, elle travaille dans un cabinet bancaire. Il vit dans une belle demeure, ses parents étant aux abonnés absents, toujours en voyage d’affaires. Elle vit dans une petite location, entièrement indépendante. Si Chloé aime son boulot, elle a en vérité un projet et démissionne au début du roman. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est qu’elle serait temporairement délogée, son appartement devant subir d’importants travaux. La jeune femme va devoir vivre quelques temps chez Chris. Le hic, c’est qu’ils sont sortis ensemble il y a quatre ans avant qu’il ne la largue sans ménagement. Depuis, leur relation est plutôt compliquée. Pourtant, il semblerait que certains sentiments n’aient pas totalement disparu…

Quel bonheur de retrouver la plume de Lylyblabla dans cette romance ! J’ai adoré nos deux héros et cette histoire d’ennemies to lovers. Si vous pensez qu’il s’agit d’une romance classique, vous êtes en réalité loin du compte. Lylyblabla risque de vous faire pleurer avec son roman en réalité dramatique. On parle de sujets sensibles, difficiles, injustes aussi, de la vie dans ce qu’elle a de meilleur et de pire à nous offrir. La thématique principale du roman peut heurter la sensibilité de certains lecteurs et j’ai apprécié qu’il y ait un avertissement au début. J’ai trouvé ce fameux sujet traité avec sensibilité et pudeur. Impossible de ne pas laisser couler ses larmes durant la deuxième partie de l’histoire.

Si Tous nos lendemains n’est pas une romance facile, elle n’en est que plus belle. Lylyblabla offre un texte lumineux et inoubliable. Si vous ne connaissez pas encore l’écrivaine, il est plus que temps de sauter le pas !

Tous nos lendemains de Lylyblabla, paru en mars 2024 aux éditions Hugo Publishing, 480 pages, 17€

Je te mens de Maxime Girardeau

Résumé

Max est un célèbre écrivain, divorcé depuis peu et poursuivi par une enfance malheureuse. Souffrant du syndrome de la page blanche, son inspiration resurgit lorsqu’il aperçoit son voisin d’en face fumer à sa fenêtre. Une soudaine obsession pour la vie de Nathan s’empare de lui et il fait appel à ChatGPT, qu’il rebaptise Loïe, pour combler les lacunes de son roman, découvrant une vérité inattendue.

L’avis d’Audrey

On n’a jamais autant parlé de l’intelligence artificielle qu’aujourd’hui où elle est un enjeu d’avenir autant qu’elle effraie. DansJe te mens, Maxime Girardeau en a fait un personnage à part entière. L’histoire débute par une intrigue en apparence classique. Le corps d’une femme est retrouvé dans l’appartement d’un écrivain. Qui est-elle ? Pourquoi a-t-elle été tuée ? Où est passé l’écrivain ? En parallèle, nous remontons le fil de l’histoire en suivant l’écrivain, quelques mois plus tôt. Victime du syndrome de la page blanche, Max , auteur à succès, décide d’utiliser ChatGPT en tant qu’intelligence artificielle générative. Il surnommera l’IA Loïe et elle deviendra très vite sa Muse. D’abord curieux, Max tombe rapidement dans une dépendance et dans des événements qui pourraient devenir incontrôlables…

Pour écrire ce roman, Maxime Girardeau s’est réellement appuyé sur ChatGPT et a laissé les dialogues intacts. Max l’écrivain est en quelque sorte son miroir (maléfique ?). Je dois avouer que le résultat est bluffant et également effrayant. Cela donne un roman à suspense novateur et captivant. Je n’ai d’ailleurs pas vu venir la fin, le rythme s’accélère et les révélations sont nombreuses et surprenantes.

J’ai beaucoup apprécié Je te mens, un polar original qui fait froid dans le dos ! Je remercie Babelio et les éditions Istya & Cie pour cet envoi !

Je te mens de Maxime Girardeau, paru en mars 2024 aux éditions Istya & Cie, 19€

Le cri du corps d’Alexandre Chardin

Résumé

Adam a treize ans, et ce jour-là, il tombe sur le terrain de foot. C’est ici qu’il a marqué ses plus beaux buts, mais aujourd’hui, il n’a pas glissé au milieu d’une partie, non, il est tombé à terre pendant une rixe. Il était venu avec une batte, pour en découdre et bien rigoler ; en face il y avait des poings et des couteaux, avec les frères de sa bande, le sang, il allait défendre l’honneur du quartier. Les pompiers et la police arrivent si vite qu’il n’a pas le temps de se relever pour leur échapper, et Adam décide de faire semblant d’être blessé : c’est décidé, il ne va pas bouger d’un millimètre, mystifier tout le monde, les flics, sa mère et les docteurs, s’il faut ! Sauf qu’Adam, derrière tes paupières fermées, tu le sais, non, que tu ne fais pas semblant ? Tu le sais, que le jeu est allé trop loin ?…

L’avis de Cassandre

Adam est un collégien qui vit dans une cité. Il fait partie d’une bande qu’il appelle « ses frères ». Avec la bande rivale, ils ont l’habitude de se battre à coup de battes, tourner des vidéos et régler leurs comptes. Jusqu’au jour où pendant une rixe de trop, Adam se retrouve seul sur le terrain de foot. Ses « frères » ont pris la poudre d’escampette à l’arrivée de la police. Adam a un plan : il fait le mort, les pompiers le conduisent à l’hôpital. Peu de temps après, le lecteur est pris d’un doute : que se passe-t-il réellement ?

Ce court roman se lit d’une seule traite. On suit Adam qui est hospitalisé et qui va faire le point sur sa vie. Il y a sa famille, ce père violent et désormais absent, sa sœur qui est dure avec lui, ses frères qui l’ont abandonné, le collège et aussi Lison qui lui fait tourner la tête. Sous ses airs de gros durs, se cache un adolescent sensible qui a un bon fond. Comment ne pas être ému par le drame qui s’abat sur Adam et par cette grande injustice ?

Le cri du corps est l’histoire d’une renaissance, d’une deuxième vie qui s’offre à Adam.

Le cri du corps d’Alexandre Chardin, paru en mars 2024 aux éditions Sarbacane, 144 pages, 13,90€

La Mousse de Nina Six

Résumé

Et si la puberté était une catastrophe naturelle ?

2010, Thalle, petite ville de province. Nina se prépare, dans son pavillon où elle vit avec ses parents, à partir pour le collège. Avec ses baskets qui copient une marque connue et ses vêtements larges, elle tente, tant bien que mal, de se donner une allure, et surtout de cacher son corps encore peu formé, contrairement aux filles de son âge. À cause de sa bouille de bébé, elle subit les moqueries de ses camarades, y compris de Camille qui n’assume pas, auprès de ses nouvelles copines populaires, son ancienne amitié avec Nina. C’est donc avec son habituelle boule au ventre que Nina sort de chez elle. Mais ce matin-là, quelque chose a changé, dans l’air, elle le sent…

Et pour cause, non seulement les compteurs météorologiques s’affolent et prédisent l’arrivée imminente d’une tempête et le signe d’une inondation gigantesque, mais une mousse qui paraît étrangement vivante a recouvert tout le vieil aqueduc désaffecté qui encercle la ville…

L’avis de Cassandre

En 2010, Nina Six est collégienne dans une petite ville. L’héroïne se sent seule, abandonnée par sa « meilleure amie » Camille, au profit d’une bande d’ados populaires. Nina est moquée, insultée, brutalisée. Elle est petite, son corps n’est pas encore « formé » et son apparence enfantine est le prétexte tout trouvé pour la transformer en paria de sa classe. Comme si ça ne suffisait pas, Nina s’inquiète : entre la fin du monde annoncée pour 2012 et un violent orage qui va bientôt s’abattre sur la ville… Finalement, on se demande si la tempête intérieure (hormonale) ne serait pas pire que la tempête extérieure (météorologique).

Je me suis reconnue en Nina, une jeune fille à part car elle ne répond pas aux « standards physiques », la moindre différence étant sujette aux moqueries puériles. On a presque tous traversé cette période où on se sent à la fois seul et incompris. Nina Six (l’autrice) parvient à mettre des mots sur la cruelle période de l’adolescence à travers un personnage qui porte son nom et qu’on devine autobiographique.

J’ai aimé les illustrations, la nature qui reprend le dessus sur une ville dont le projet principal a été abandonné et qui suscite de nombreuses manifestations. Il y a un côté assez onirique avec la mousse qui recouvre l’aqueduc, se déploie et dont on ne sait pas grand chose. Les illustrations douces sont contrastées par celles de la tempête qui menace.

Un joli titre qui me donne envie de lire son précédent intitulé Les pissenlits. Je remercie Babelio et les éditions Sarbacane pour cet envoi, dans le cadre d’une opération Masse Critique.

La Mousse de Nina Six, paru en janvier 2024 aux éditions Sarbacane, 112 pages, 22€

Ce feu qui nous consume de Rory Power

Résumé

« Je connais ce visage. C’est le mien. C’est celui de ma mère. Là, devant moi, il y a une inconnue avec mon visage. Et elle est morte. »
Margot Nielsen se rend pour la première fois dans la ville natale de sa mère. En explorant l’ancienne propriété familiale en ruine, elle pensait enfin renouer avec ses racines. Mais à vouloir déterrer les secrets de famille, on court le risque de se brûler les ailes. 

L’avis de Cassandre

Margot a dix-sept ans et a toujours vécu seule avec sa mère. Selon cette dernière, elles n’ont aucune famille. Elles ne sont que deux et se suffisent à elles-mêmes (ou pas). Margot en a assez des secrets et découvre un beau jour qu’elle a une grand-mère maternelle. Le silence de sa mère la pousse à partir à la rencontre de cette grand-mère inconnue.

Dès le début de l’histoire, Rory Power instille une ambiance particulière, sombre et étrange. La mère de Margot n’entretient pas une relation normale avec sa fille. Elle fuit constamment, dissimule et leurs liens sont conflictuels. Et puis, il y a cette flamme qu’elle entretient en permanence comme si sa vie en dépendait… Si la mère est bizarre, la grand-mère n’est pas en reste. Quand Margot arrive chez elle, non seulement un incendie se déclare sur ses terres, mais en plus, une jeune fille est retrouvée morte. La grand-mère reste impassible et refuse de répondre aux nombreuses questions de sa petite-fille. Dans quel pétrin Margot s’est-elle fourrée ?

Le moins qu’on puisse dire est que ce roman est original. Qu’on se sent mal dans cette ferme familiale où malgré les incendies qui se succèdent, une froideur extrême se dégage. On pressent un événement effroyable à venir, sans qu’on puisse déterminer ni quoi ni comment. Pour cette raison, il m’a été difficile de reposer ma lecture avant d’en connaître le dénouement.

Pour conclure, un roman atypique à l’ambiance glauque et au final inattendu !

Ce feu qui nous consume de Rory Power, paru en avril 2024 aux éditions Robert Laffont, 384 pages, 19€