Catégorie : Policier et Thriller

La petite ritournelle de l’horreur de Cécile Cabanac

Résumé

Quand la commandant Virginie Sevran reçoit un appel à deux heures du matin, elle sait qu’elle doit s’attendre au pire. Rien, pourtant, ne peut la préparer à ce que lui réserve la vieille bâtisse dans laquelle les techniciens de l’identité judiciaire sont déjà à l’œuvre, à cette découverte du cadavre d’une gamine, derrière une cloison que le nouveau propriétaire tentait d’abattre. Et, bientôt, les murs confient deux autres corps aux policiers. Deux autres enfants… Rapidement, la sidération laisse place à une enquête éprouvante. Certainement la plus sordide de toutes celles auxquelles la commandant et son binôme, Pierre Biolet, ont été confrontés durant leurs carrières. Que s’est-il réellement passé dans la maison des Mesnuls, aussitôt rebaptisée la maison de l’horreur par les médias ?

L’avis de Cassandre

Ce troisième polar signé Cécile Cabanac commence fort. Pio Achenza trime la journée et réalise de gros travaux dans la maison qu’il vient d’acquérir avec sa femme. En abattant un mur, il fait une macabre découverte : les corps de trois enfants, emmurés depuis des années. La commandant de police Virginie Sevran et son équipe vont enquêter sur l’affreuse maison des horreurs, et ils ne sont pas au bout de leurs surprises.

Si j’ai aimé les deux premiers polars de l’écrivaine, j’ai trouvé qu’avec celui-ci, elle montait encore d’un cran. Dès les premières lignes, j’ai été happée dans l’histoire, que j’ai lue presque d’une seule traite. On y parle de sujets qui m’ont profondément bouleversée comme les enfants confiés à l’ASE et ses nombreux dysfonctionnements (et encore, le mot est on ne peut plus faible). On évoque les enfances brisées, les maltraitance, les déviances, la misère aussi. Cela m’a rappelé les reportages sordides sur l’ASE, diffusés sur France Télévision, que je ne pourrai jamais oublier tant ils m’ont révoltée.

En parallèle du côté « policier », ce roman bouscule et fait réfléchir sur ses enfances brisées et sur leur avenir précaire. Cécile Cabanac parvient à nous tenir en haleine du début à la fin, sans temps mort. On rencontre une multitude de personnages et pourtant, jamais on ne se perd. Cela donne une bonne dynamique à notre lecture et un vrai plus au niveau de la psychologie des personnages.

Que dire de plus ? J’ai adoré, c’est noir, sombre, sordide et le final m’a mis un coup de massue, pas forcément pour les raisons qu’on pourrait penser ! Oserez-vous franchir les portes de la maison des horreurs ?

La petite ritournelle de l’horreur de Cécile Cabanac, paru en mars 2023 aux éditions Pocket, 528 pages, 9,20€

Panique en Armorique de Dominique Sylvain

Résumé

Finistère sud. Une nuit épaisse de novembre, un incendie criminel détruit un élevage de poulets en batterie. Quand l’attentat est revendiqué par des militants déjantés de la cause animale, l’enquête revient au (charmant) capitaine Chauvigny.
Non loin, la commissaire retraitée Lola Jost et sa meilleure amie, la jeune strip-teaseuse américaine Ingrid Diesel, sont en vacances. Intrigué par les événements, et histoire de s’occuper un peu, le duo décide de jouer les détectives sous le nez des gendarmes.
Mais très vite la tension monte : le P-DG de Poulets Dorés est retrouvé mort, pendu par les pieds et électrocuté comme ses volailles…

L’avis de Cassandre

Dans la collection La bête noire, je demande Ingrid et Lola ! Ingrid est une trentenaire américaine, masseuse le jour et danseuse dans un cabaret la nuit. Son amie Lola est une commissaire de police à la retraite, qui n’a jamais vraiment raccroché avec son métier et qui aime un peu trop la bonne chaire. Les deux femmes partent en vacances en Bretagne où Ingrid fait rénover sa résidence secondaire. A leur arrivée, elles découvrent que la ferme voisine a été incendiée. Et il semblerait que les ennuis ne fassent que commencer !

J’ai adoré le duo d’amies aussi improbable que complémentaire. Ingrid a su m’amuser avec ses petites fautes de français qui changent tout le sens de ses phrases. Lola est attachante et perspicace. Ensemble, elles vont faire lumière sur ce qui se passe en Armorique ! Dominique Sylvain a décidément beaucoup d’humour et nous amuse tout au long de son polar. Mais derrière l’humour, on parle de sujets bien sérieux comme l’élevage intensif, la maltraitance animale et les militants antispéciste. Un roman court qui se lit d’une seule traite ! Prêts à embarquer à bord du side-car d’Ingrid ?

Panique en Armorique de Dominique Sylvain, paru en janvier 2023 aux éditions Robert Laffont, 264 pages, 15,90€

L’île des souvenirs de Chrystel Duchamp

Résumé

Delphine, 22 ans, est étudiante à Lyon. Issue d’une famille bourgeoise, elle tente de s’affranchir de son éducation en écumant bars et boîtes de nuit. Au cours d’une soirée, elle suit une ombre mystérieuse jusqu’à sa voiture…
Quand elle se réveille dans une maison abandonnée, elle est menottée à un radiateur. Bientôt rejointe par une autre prisonnière.
L’enquête confiée à la Crim’ n’avance pas assez vite aux yeux de l’opinion. Sous pression, le capitaine Romain Mandier accepte l’aide d’un profiler et d’une psychotraumatologue.
Qui est cet homme en noir, qui hante les souvenirs confus d’une des captives ? Pourra-t-on exhumer de sa mémoire les fragments qui mèneront au coupable ?
Une fois de plus, Chrystel Duchamp surprend par une intrigue des plus originales, et un épilogue aussi glaçant que retors !

L’avis de Cassandre

Delphine, vingt-deux ans est une étudiante lyonnaise. Elle a grandi dans un foyer bourgeois mais peu aimant où seules primaient la réussite et la religion catholique. Depuis qu’elle est à l’université, Delphine profite à fond et cumule les excès, loin de ses parents oppressants. Mais cette nouvelle liberté va aussi la conduire au pire : après une soirée arrosée, elle se réveille séquestrée. Qui est son geôlier ? Qu’attend-il d’elle ?

L’île des souvenirs est mon tout premier polar de Chrystel Duchamp et sincèrement, il dépote ! Il est découpé en différentes parties, chacune consacrée à un protagoniste : victimes, enquêteur, profiteur, psychologue spécialisée en traumatismes et pourquoi pas un écureuil ? Cela permet de suivre l’histoire et de reconstituer l’enquête à la manière d’un puzzle.

J’ai adoré la thématique du traumatisme et des mécanismes du cerveau permettant de protéger la victime. On y parle aussi d’art, d’orientation sexuelle et d’intelligence artificielle. En somme, un joli cocktail ! Pour conclure, j’ai trouvé cette lecture très addictive et son final détonnant. Mon premier et certainement pas le dernier de l’écrivaine !

L’île des souvenirs de Chrystel Duchamp, paru en mars 2023 aux éditions L’Archipel, 240 pages, 20€

Le passager de trop de James S. Murray et Darren Wearmouth

Résumé

Maria Fontana, psychologue renommée, est jurée lors du procès de Wyatt Butler, accusé de plusieurs meurtres effroyables. Tout indique qu’il est coupable, mais le vote du jury n’est pas unanime : Butler est libéré, les médias se déchaînent et la vie de Maria est bouleversée.
Pour s’éloigner de la tempête, elle décide de s’offrir, ainsi qu’à sa famille, une croisière transatlantique. Mais dès le navire en haute mer, disparitions et découvertes macabres se succèdent selon un schéma qu’elle ne connaît que trop bien.
Wyatt Butler serait-il monté à bord ? Serait-elle enfermée dans ce bâtiment avec lui qui, cela lui semble de plus en plus clair, voudrait l’assassiner, elle et ses enfants ?
Suspense et angoisse garantis. Âmes sensibles s’abstenir.

L’avis d’Audrey

J’ai repéré Le passager de trop à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux et c’est un thriller que j’attendais avec impatience. Je remercie Babelio et les éditions Calmann Lévy pour cet envoi lors de la dernière opération Masse Critique.

Maria Fontana est l’héroïne du roman. Elle a été jurée lors du procès de Wyatt Butler, suspect numéro un dans différentes affaires de meurtres d’enfants. Le procès a été difficile pour tout le monde. L’un des jurés a douté et l’a déclaré non coupable. Butler est alors libéré car les votes n’étaient pas unanimes. Depuis, les jurés vivent un calvaire, sont harcelés, insultés, menacés à cause du déferlement médiatique. Quelques mois plus tard, Maria saisit l’opportunité de réaliser une croisière en famille avec son conjoint et ses enfants. Mais très vite, la tension monte…

Le passager de trop est un thriller dont les ingrédients avaient, de prime abord, toutes les raisons de me convaincre. Et pourtant, c’est un gros « plouf ». J’ai peiné à m’identifier à Maria qui me semble peu réaliste. Elle a souvent des accès de colère qui semblent parfois peu crédibles et « too much ». Même si je comprends qu’elle a vécu une épreuve des plus éprouvantes, elle reste un peu trop caricaturale. Le côté intrigue n’a pas su me convaincre non plus. On trouve certes des assassinats, des mises en scène mais la façon dont ils sont explicités n’est pas convaincante. De même, j’aurais aimé que la psychologie du tueur soit plus creusée. Enfin, je suis déçue du manque de surprise global de ce roman et du style d’écriture du duo d’auteurs. Pour conclure, ce titre n’a pas su me convaincre, il plaira davantage aux personnes qui lisent peu de thrillers qu’aux férus, comme moi.

Le passager de trop de James S. Murray et Darren Wearmouth, paru en mars 2023 aux éditions Calmann Lévy, 300 pages, 21,50€

Ego – Libère-moi de Maxime Girardeau

Résumé

Dans les décombres d’un carambolage en plein Paris, la police découvre des morceaux de corps affreusement mutilés. Contrairement à ses collègues, la capitaine Laurence Milhau doute que ces morts soient liées à un règlement de comptes. Dans le même temps, le commissaire Franck Somerset refait surface après des mois d’absence pour lui demander un service : identifier officieusement un jeune inconnu mêlé à la disparition suspecte du fondateur d’une startup nommée EGO. Pourquoi tant de mystère ? 
Pour Milhau et Somerset, c’est une étrange affaire qui s’annonce, faite de manipulation et de mensonges, de propagande et de vérités alternatives, qui les mettra sur la piste d’une invention tout aussi extraordinaire que dangereuse si elle venait à tomber entre de mauvaises mains…

L’avis de Cassandre

J’ai découvert Persona, premier roman de l’auteur et j’avais beaucoup aimé. J’étais impatiente de me plonger dans Ego – Libère-moi. S’il s’agit de deux enquêtes différentes, nous retrouvons les mêmes personnages. Il s’agit d’une suite se déroulant deux ans après la précédente.

L’intrigue démarre sur les chapeaux de roues. Un grand-père est victime d’un accident de la route mortel. Dans sa voiture, sont retrouvés des morceaux de corps humains. Qui ont-ils ? Pourquoi ont-ils été démembrés ? Par qui ? L’enquête soulève de nombreuses questions sans réponses. En parallèle, nous retrouvons Elga, une jeune femme informaticienne chez Microsoft, qui jouait un rôle important dans Persona. Elga est très inquiète car son compagnon, Nicolas, ne donne plus signe de vie depuis son arrivée aux États-Unis. Ce dernier a créé EGO, une intelligence artificielle capable d’analyser le profil psychologique d’une personne via les réseau sociaux. Cet outil avant-gardiste pourrait bien susciter bien des convoitises…

Très rapidement, je me suis plongée dans l’histoire et j’ai eu du mal à reposer mon livre. Le roman est découpé en différentes parties mettant en scène plusieurs protagonistes. J’ai apprécié le fait de pouvoir vivre l’intrigue sous tous les angles. La thématique de l’intelligence artificielle est fascinante. Les GAFAM et la technologie sont très présents.

EGO est un savant mélange de thriller technologique et politique. J’ai aimé la manière dont l’intrigue est menée et retrouver certains personnages de Persona. L’écriture de Maxime Girardeau me plaît toujours autant. J’apprécie le regard qu’il porte sur la société. Pour conclure, un roman qui fait réfléchir sur les enjeux et menaces de l’intelligence artificielle, glaçant !

Ego – Libère-moi de Maxime Girardeau, paru en janvier 2023 aux éditions Pocket, 496 pages, 9€

La gare du Nord est singulière. Elle a quelque chose que les six autres gares parisiennes abritant de grandes lignes ne possèdent pas. C’est un lieu à l’atmosphère mélancolique, triste par endroits, pessimiste à d’autres. Et puis, il y a un foisonnement, une effervescence incontrôlée, une surtension qui se propage de corps en corps. Cette gare constitue un temple bipolaire.

Nous étions les reines de Laurie Elizabeth Flynn

Résumé

Il y a dix ans, quelqu’un avait payé le prix fort de leurs jeux malsains.Aujourd’hui, c’est à elles de rendre des comptes.

À l’université, Ambrosia aurait fait n’importe quoi pour impressionner Sloane, cette amie fascinante. Sous son influence, elle s’est laissé entraîner dans les fêtes endiablées et s’est prêtée à des jeux cruels. Mais un soir, ce qui devait n’être qu’une plaisanterie a tourné au drame…

Dix ans plus tard, Ambrosia mène une vie rangée, très loin de ces mauvais souvenirs. Elle n’a donc nullement l’intention de répondre à l’invitation à des retrouvailles d’anciens élèves qui arrive par la poste. Mais elle réalise que ses secrets ne sont plus en sécurité quand elle reçoit aussi une note anonyme: «Nous devons parler de ce que nous avons fait cette nuit-là.»

L’avis de Cassandre

La narratrice du roman se nomme Ambrosia, mais ses proches la surnomment Amb. Un jour, elle reçoit un carton d’invitation à un week-end de retrouvailles entre les anciens étudiants de la promotion 2007 de son université. Notre héroïne n’a aucune envie d’y aller, loin de là. Manque de chance, son mari découvre l’invitation et elle ne peut plus reculer.

Le récit alterne entre aujourd’hui et il y a quatorze ans, en 2007. Que s’est-il passé cette année-là ? Rapidement, on pressent qu’un grand malheur est arrivé et qu’Ambrosia n’y est pas pour rien… On rencontre différents protagonistes tels que Sully, une jeune femme malsaine mais qui attire Amb comme un aimant. A l’inverse, Flora, sa colocataire, est une personne joviale, généreuse et d’une grande bonté. Elle donnerait tout ce qu’elle a à Ambrosia, sans rien attendre en retour. J’avoue avoir eu du mal à m’attacher à l’héroïne qui cumule les mauvais choix et qui ne regrette jamais. On a le sentiment qu’elle n’a jamais mauvaise conscience et qu’elle est prête à tout pour briller, surtout aux yeux de Sully.

Si le sujet n’est pas novateur, j’avoue être entrée très rapidement dans l’histoire. Les chapitres s’enchaînent aisément et on ne peut qu’avoir envie de découvrir la vérité. Attachez vos ceintures, ce roman secoue et remue. L’écrivaine met en scène un sacré jeu de manipulation. Qui tire réellement les ficelles ? J’ai grandement apprécié la fin, osée et surprenante à la fois.

Pour conclure, un roman qui se lit facilement avec des personnages féminins qui n’ont aucune limite. Mais attention, tôt ou tard, il faudra répondre de leurs actes !

Nous étions les reines de Laurie Elizabeth Flynn, paru en janvier 2023 aux éditions Hugo Publishing, 512 pages, 8,90€

Les Gentils de Michaël Mention

Résumé

Ça hurle, ça cogne dans la tête de Franck. Six mois que sa fille est morte dans un braquage à Belleville. Six mois qu’il attend l’arrestation du coupable. Mais rien, aucun suspect, aucune piste, et les flics semblent avoir lâché l’affaire.
Alors Franck ratisse les bas-fonds de Paris, finit par trouver un vague indice. Il largue tout et embarque dans sa R5 pour un trip halluciné à la recherche de sa proie : un tox’ avec un tatouage « Anarchie ».
Jusqu’où iriez-vous pour venger la mort de votre enfant ? Franck, lui, va loin, très loin, jusqu’en Amazonie, pour traquer un meurtrier parti racheter sa conscience dans un mystérieux camp de hippies. Mais dans cette jungle où la violence est partout, la folie de Franck va se heurter à des âmes plus extrêmes encore…   

L’avis de Cassandre

J’ai découvert Michaël Mention en 2017 avec son roman La voix secrète, paru dans la collection Grands Détectives des éditions 10-18. J’en garde un excellent souvenir et je suis ravie de retrouver l’auteur dans un tout autre registre. Je remercie les éditions Belfond et Babelio pour cet envoi.

Franck est le personnage principal de l’histoire. Le lecteur le découvre dans son entièreté : sa vie, ses intentions, ses pensées, toutes ses pensées. A Paris, en 1978, Franck est trentenaire et vient de vivre ce qui peut arriver de pire : sa fille de six ans a été tuée, victime collatérale d’un braquage qui a mal tourné. Six mois ont passé, la police n’a aucune piste concernant le braqueur. Franck bout intérieurement. Dans sa tête, la cocote-minute se met en route. S’il ne peut pas compter sur les forces de l’ordre, alors il fera la loi lui-même, quoi qu’il en coûte. Et cette soif de vengeance va le mener très loin de Paris.

Ce roman noir est essentiellement centré sur Franck et sa quête acharnée. On s’attache à ce personnage détruit qui sombre chaque jour un peu plus. On se demande jusqu’où il ira, non sans une certaine inquiétude. J’ai adoré la plume de Michaël Mention qui retranscrit avec brio les émotions qui traversent son héros meurtri. Le style d’écriture est particulier, les phrases sont courtes, les pensées s’emmêlent, le tout est hautement corrosif. J’ai trouvé que cela rendait Franck d’autant plus vivant.

L’auteur nous immerge en 1978, une année particulière sur bien des plans. Il mêle à son histoire fictive, des événements qui ont marqué la France et le monde. Le tout est rythmé par de la bonne musique rock (Franck était disquaire avant de tout plaquer !). Enfin, je salue Michaël Mention et sa fin qui est une vraie bonne surprise. L’auteur a su m’entraîner là où je ne m’attendais pas, en nous assénant une claque monumentale.

Pour conclure, j’ai adoré Les Gentils, un excellent roman noir et un sujet entièrement maîtrisé. Et vous, jusqu’où iriez-vous pour vous venger ?

Les Gentils de Michaël Mention, paru en février 2023 aux éditions Belfond, 352 pages, 20,50€

Le Plan de Fabrice Rose

Résumé

En cavale à Barcelone, Marc Man monte son prochain coup façon billard à trois bandes, escomptant un bénéfice maximal.
D’abord se venger de ceux qui ont osé s’attaquer à sa fille.
Où qu’ils soient, il les retrouvera. Pas de pitié. Ça va saigner.
Puis kidnapper un fils de dictateur et criminel particulièrement taré, qui prend plaisir à mutiler puis à assassiner ses conquêtes.
Et, cerise sur le gâteau, récupérer une énorme rançon.
Un plan parfait, verrouillé avec de grands pros. Mais deux petits délinquants piquent la Bentley du taré, et c’est le grand dérapage…

L’avis de Cassandre

Le Plan est la suite de Tel père, telle fille et le deuxième tome d’une trilogie (la suite est déjà annoncée !). Vous n’êtes toutefois pas obligés de les lire dans l’ordre, le récit est parfaitement compréhensible mais c’est tout de même préférable pour vivre l’histoire à 100%.

Nous retrouvons Marc Man, un père très très en colère qui a soif de vengeance. Il souhaite faire payer à ceux qui s’en sont pris à sa fille, Alex, dans le tome précédent. En parallèle, il a pour but de kidnapper Théodore Sawatondo, le fils d’un Président africain et d’obtenir une jolie rançon. Pour ce faire, il a un plan. Mais comme tous les plans, il y a toujours une part d’imprévu ! Il faut dire que le fameux Théodore est sacrément timbré !

Fabrice Rose est un ancien braqueur qui a passé de nombreuses années en prison avant de se ranger, pour sa fille. L’ex-taulard est devenu écrivain et s’inspire de la vie qu’il a menée pour écrire ses romans (sans que ceux-ci ne soient autobiographiques). Ce lourd passé se ressent dans son écriture. Fabrice Rose sait de quoi il parle. Ses personnages, bourrés de testostérone, les courses poursuites, les faux-plans et les alliances douteuses, le lecteur ne peut qu’être dans le feu de l’action !

J’ai beaucoup aimé le style d’écriture de Fabrice Rose qui parvient à nous provoquer de nombreuses montées d’adrénaline. On s’attache à ses personnages et on espère secrètement qu’ils atteindront leur objectif sans se faire attraper ! Il me tarde de lire la suite !

Le Plan de Fabrice Rose, paru en mai 2022 aux éditions Robert Laffont, 336 pages, 19€

Nos âmes au diable de Nathalie Hug et Jérôme Camut

Résumé

Mi-juillet, Sixtine, dix ans, disparaît sur une plage de l’île d’Oléron. Pour Jeanne, sa mère, c’est tout son monde qui s’écroule. Elle s’en veut d’avoir été trop accaparée par son métier. Elle en veut à son mari, qui aurait dû surveiller leur petite brune aux yeux bleus, mais qui a failli, trop occupé à donner un énième coup de canif dans leur contrat de mariage.
Lorsque les recherches conduisent finalement à un multirécidiviste connu par la justice pour le viol de quatre fillettes, Jeanne comprend que rien ne sera jamais plus comme avant. Et son travail de résilience s’annonce d’autant plus long que le corps de Sixtine n’a jamais été retrouvé.
Une absence qui laisse planer comme une incertitude… Et si la vérité s’avérait plus sordide et glaciale encore que la mort d’un enfant ?

L’avis de Cassandre

Si je vous dis « île d’Oléron », vous penserez sûrement aux vacances, à l’Océan, aux huîtres et au pineau des Charentes. Vous ne penserez peut-être pas « enlèvement d’enfant ». Pourtant, c’est ce qui va arriver à Sixtine, la fille de Jeanne, âgée de dix ans. La petite fille passait les vacances d’été chez ses grands-parents paternels en compagnie de son père. Jeanne devait les rejoindre après avoir terminé un gros dossier dans son agence de publicité. Mais un après-midi, Sixtine a tout bonnement disparu, sans laisser de traces.

En lisant le résumé, vous vous direz peut-être « encore une histoire d’enlèvement d’enfant ». Je vous arrête tout de suite, ce thriller, dans la construction de son intrigue n’a rien d’un classique du genre. Le duo d’auteurs Hug et Camut malmène son lectorat. Il nous balade continuellement et nous achève à coup de rebondissements en pagaille. Comme Jeanne, nous subissons sans moufter et rien ne peut nous préparer à la vérité.

Difficile de vous parler de ce thriller hors normes et d’une noirceur sans limite sans en dévoiler. Mais hors de question de vous gâcher le suspense ! Ce que je peux vous dire, c’est que j’ai adoré la manière dont l’intrigue est traitée. J’ai également aimé l’ambiance, qui s’assombrit au fil du récit, nous rendant captifs à notre tour.

Pour conclure, j’ai adoré ce titre et je me suis pris une grosse claque en découvrant le dénouement. Âmes sensibles s’abstenir !

Nos âmes au diable de Nathalie Hug et Jérôme Camut, paru en janvier 2023 aux éditions Pocket, 400 pages, 8,60€

Layla de Colleen Hoover

Résumé

Lorsque Leeds fait la connaissance de Layla lors du mariage de la soeur de la jeune femme, c’est le coup de foudre. L’alchimie est parfaite entre eux. Ils s’aiment tout simplement.
Mais leur belle histoire va vite tourner au drame lorsque Layla est grièvement blessée par arme à feu.
Elle se remet lentement et lorsqu’elle sort de l’hôpital, Leeds lui propose de séjourner dans le lieu de leur rencontre, là où tout a commencé. Son atmosphère paisible sera parfaite pour la jeune femme encore fragile et leur permettra se retrouver.
Car Layla a changé. Sans doute à cause de ce qui s’est passé.
Mais loin d’apporter à Leeds la sérénité qu’il attendait, cet endroit le trouble. Il s’y produit des évènements étranges, qui remettent en cause toutes ses certitudes.
Sur Layla et sur qui elle est vraiment.

L’avis de Cassandre

Colleen Hoover est une écrivaine qui sait à chaque fois me transporter avec ses histoires d’amour inoubliables et ses personnages hauts en couleurs. Je n’ai pas eu l’occasion de la lire depuis quelques années, j’étais alors impatiente et curieuse de me plonger dans Layla.

Dans ce roman, nous suivons un seul point de vue, celui de Leeds. Le jeune homme est bassiste dans un groupe assez peu connu. Un soir, il joue pour un mariage lorsqu’il rencontre Layla, la sœur de la mariée. Le coup de foudre est immédiat et réciproque. Si bien que Layla décide d’accompagner Leeds dans le cadre de ses tournées et de ne plus le quitter ! Si c’est le début d’une belle histoire, on comprend rapidement que quelque chose a mal tourné. Dans le prologue, Layla est attachée dans leur chambre à l’étage et Leeds est au rez-de-chaussée avec un homme qui lui demande d’expliquer tous les « problèmes » survenus dans leur maison. On sent qu’il y a un sérieux malaise entre eux et on se demande comment ils ont pu en arriver là.

Layla est un roman très différent de ce que je peux lire habituellement. L’intrigue est très originale et Colleen Hoover a su m’emmener là où je ne m’y attendais absolument pas. J’ai adoré les révélations distillées au fil du récit et encore plus le final qui est une vraie et bonne surprise. L’autrice se renouvelle clairement avec ce type de récit.

Concernant les personnages, j’ai été très touchée par Layla qui subit des événements difficiles et marquants. J’ai moins accroché avec Leeds, je l’ai trouvé opportuniste et je n’ai pas adhéré à ses (mauvais) choix.

Pour conclure, j’ai moins aimé le personnage masculin de cette histoire mais j’ai adoré l’intrigue et les rebondissements. Colleen Hoover se renouvelle, pour notre plus grand plaisir !

Layla de Colleen Hoover, paru en novembre 2022 aux éditions Hugo & Cie, 395 pages, 7,90€