Couv - En Ce Lieu EnchantéRésumé

La dame n’a pas encore perdu le son de la liberté. Quand elle rit, on entend le vent dans les arbres et l’eau qui éclabousse le trottoir. On se souvient de la douce caresse de la pluie sur le visage et du rire qui éclate en plein air, de toutes ces choses que dans ce donjon, nous ne pouvons jamais ressentir.

Dans le couloir de la mort, enfoui dans les entrailles de la prison, le temps passe lentement. Coupés du monde, privés de lumière, de chaleur, de contact humain, les condamnés attendent que vienne leur heure.
Le narrateur y croupit depuis longtemps. Il ne parle pas, n’a jamais parlé, mais il observe ce monde « enchanté » et toutes les âmes qui le peuplent : le prêtre déchu qui porte sa croix en s’occupant des prisonniers, le garçon aux cheveux blancs, seul, une proie facile. Et surtout la dame, qui arrive comme un rayon de soleil, investie d’une mission : sauver l’un d’entre eux. Fouiller les dossiers, retrouver un détail négligé, renverser un jugement. À travers elle naissent une bribe d’espoir, un souffle d’humanité. Mais celui à qui elle pourrait redonner la vie n’en veut pas. Il a choisi de mourir.
La rédemption peut-elle exister dans ce lieu où règnent violence et haine ? L’amour, la beauté éclore au milieu des débris ?

L’avis de Cassandre

En ce lieu enchanté ne raconte pas une histoire, à proprement parler mais plutôt des histoires. Celles des condamnés à mort et du monde qui les entoure.

J’ai débuté cette lecture sur un coup de tête, sans s’avoir à quoi m’attendre. Le narrateur est un prisonnier et un personnage omniscient à la fois. Il nous raconte son quotidien et celui des autres détenus, la plupart attendant leur exécution. Les conditions de « vie » (ou plutôt de mort ?) sont affreuses. Ces hommes n’en sont plus. Nourriture avariée, maltraitances physiques et morales, solitude, enfermement, exécution des plus froides. Quand ôter la vie devient une banalité…

Rene Denfeld est une journaliste spécialisée en peine de mort et on la sent très sensible face à cela. Son roman est une véritable claque. Sans défendre l’impardonnable, elle nous fait ouvrir les yeux. Tuer un meurtrier n’est-il pas un meurtre pour un meurtre ? Peut-on vraiment avoir un pouvoir de vie ou de mort sur quelqu’un ? Cela donne à réfléchir.

Ce roman dépasse le simple « j’aime/je n’aime pas ». Il est tout bonnement inclassable. Et écrire un avis sur un tel titre est on ne peut plus difficile. Je salue tout de même le talent de Rene Denfeld pour l’écriture. Une très belle plume, tantôt incisive, tantôt enchanteresse.

Un titre incontournable de la rentrée littéraire 2014 !

Ce qu’il lit n’a pas d’importance. L’essentiel, c’est que la lecture lui ait ouvert un autre monde.

Plus tard, j’ai lu quelque part qu’il y avait en effet en nous des choses trop petites pour être vues, des choses qui échappaient, même parfois au microscope. Cela m’a donné à penser : s’il y a en nous des choses trop petites pour être vues, ne pourrait-il pas y en avoir hors de nous trop énormes pour être crues ?

En ce lieu enchanté de Rene Denfeld, paru le 21 août 2014 aux éditions Fleuve, 207 pages, 18,50€

14 Comments on En ce lieu enchanté de Rene Denfeld

  1. Très beau billet qui me donne envie de le commencer illico pour découvrir les conditions « de mort » comme tu le dis si bien, de ces condamnés ! Plus que 50 pages du roman sur lequel je suis et je peux m’y plonger youhoouuu ^^
    Des bisous
    Cajou

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