couv71699438Résumé

 » On a le devoir d´aimer ses enfants, mais pas celui d´aimer ses parents.  »
De sa mère, Anne B. Ragde a toujours fait un personnage de roman. De ses romans. Pour le plaisir, plus ou moins assumé, de l’intéressée…
Aujourd’hui que Birte vit ses derniers mois, allant de lit d’hôpital en rendez-vous médicaux, sa fille n’a plus le choix : fini la mise à distance romanesque. La preuve d’amour, la seule, la vraie, ce sera de raconter sa mère, sans fard, sans pseudonyme. Une femme kaléidoscope, une Majesté du quotidien, capable d’élever seule ses filles, dans le dénuement et l’adoration des belles choses, de créer un festin à partir d’un fond de frigo, de tuer pour un livre ou un tableau de Chagall… Peu encline aux tendresses, certes, mais l’inspiratrice d’une vie, la matrice d’une oeuvre.
Riche de cette relation patchwork, la fille fait de la mère un portrait doux amer. Avec sa part d’ombre. Et son lot de lumière.

L’avis de Cassandre

Je ne suis pas une fidèle lectrice d’Anne Ragde, plus par manque de temps que d’envie. Le seul titre que j’ai lu d’elle est Je ferai de toi un homme heureux dont je garde un bon souvenir. Sa majesté maman est un titre autobiographique où Anne rend hommage à sa mère.

Le début n’a pas été aisé, j’ai rencontré des difficultés à accrocher. Je dirais que c’est parce que le mode de vie norvégien est assez différent du nôtre et qu’il y a une certaine barrière avec la littérature nordique. Heureusement, on s’y fait rapidement. Anne Ragde nous livre un portrait doux-amer de sa mère. Elle nous parle de ses derniers jours, de leur relation, de leurs souvenirs. J’ai bien aimé ce titre, j’ai trouvé Anne Ragde juste. Elle n’idéalise pas sa mère et lui trouve aussi bien des qualités que des défauts. Et elle nous donne envie de découvrir cette mère aux multiples facettes. Après tout, n’aime-t-on pas les gens pour leurs défauts ?

Brite est une femme qui a toujours bataillé pour nourrir ses filles et sortir la tête de l’eau. Mais la pauvreté ne l’a jamais empêché de se faire plaisir, de se cultiver grâce à la littérature, aux voyages mais aussi aux échanges humains. Elle a toujours voulu sauver les apparences, renvoyer une belle image d’elle-même. Je me suis attachée à elle progressivement.

Anne Ragde dénonce également le système de santé norvégien où les patients sont très peu suivis, meurent de faim ou meurent tout court dans des conditions déplorables. Cela fait froid dans le dos, et que sa mère ait passé ses derniers jours dans un endroit aussi sinistre est aberrant…

Pour conclure, j’ai été touchée par ce portrait et par les sentiments qui se cachaient entre les lignes. Anne Ragde m’a donné envie de découvrir La Tour d’Arsenic, roman fictif fortement inspiré de l’enfance de sa mère.

Sa majesté Maman de Anne B. Ragde, paru le 14 janvier 2016 aux éditions Fleuve, 320 pages, 18,90€

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